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terça-feira, 14 de março de 2017

« L’addiction aux médicaments de la douleur augmente »




Souvent méconnue, la dépendance aux médicaments existe et ne touche pas uniquement les consommateurs d’héroïne en recherche de produits plus faciles d’accès. Pour le docteur Michel Mallaret, il faut absolument réduire l’usage des benzodiazépines à visée « tranquillisante en France.

Les médicaments pris avec excès peuvent être l’occasion d’une entrée dans la «toxicomanie».
Liukov/Shutterstock / Liukov


LE FIGARO. - Quels sont les médicaments les plus impliqués dans les addictions médicamenteuses?
 
Michel MALLARET*. - La grande majorité des médicaments psychoactifs (actifs sur le cerveau et modulant l’activité psychique) a un potentiel d’addiction à des intensités diverses. Le problème lié à la consommation française, au long cours, de benzodiazépines à visée «tranquillisante», «somnifère» est connu depuis plusieurs décennies. Certes, les Français ne sont plus les plus grands consommateurs européens (nous sommes, maintenant, seconds ou troisièmes dans cette consommation), mais des efforts doivent être poursuivis pour réduire cet usage excessif manifeste, alors que nos voisins, moindres consommateurs, ne sont pas moins insomniaques, ni moins anxieux. La durée de l’usage de ces médicaments doit être temporaire (4 semaines pour un hypnotique, douze semaines pour un anxiolytique) pour rediscuter, ensuite, avec le médecin traitant l’arrêt qui doit être la principale option.

L’usage de ces benzodiazépines prescrites médicalement et délivrées en pharmacie expose à deux risques différents: le premier et le plus fréquent est la diminution de leurs effets au cours du temps («accoutumance») associée à un risque de syndrome de sevrage (le «manque»), lors d’un arrêt brutal intempestif sans accord médical. Ce manque peut se traduire par des insomnies temporaires (rebonds) ou des bouffées d’angoisse ; plus rarement peut survenir une crise d’épilepsie chez des personnes, pourtant non connues pour être épileptiques.
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