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quarta-feira, 15 de março de 2017

Médicaments: un site pour déclarer les effets indésirables


Il va recenser les effets secondaires des médicaments mais aussi des cosmétiques. Les pharmacovigilants dénoncent une usine à gaz.
La ministre de la Santé, Marisol Touraine.
CHRISTOPHE SIMON/AFP
 

Les médecins chargés de la surveillance des médicaments -  les pharmacovigilants - avaient prévenu: ce sera une «usine à gaz». De quoi s’agit-il? D’un portail visant à regrouper tous les signalements d’effets indésirables liés aux médicaments, aux tatouages, aux cosmétiques ou dispostifs médicaux. Pour la modique somme de deux millions d’euros, Marisol Touraine a créé signalement-sante.gouv.fr. Un peu cher pour un site Internet qui n’apporte rien de nouveau à ce qui existe déjà. L’outil est conçu, explique le ministère «pour que chaque Français puisse signaler facilement, à tout moment, un événement sanitaire indésirable».
Les professionnels comme les usagers
peuvent faire ces déclarations sur le site
de l’agence du médicament depuis…
juin 2011.
Est-ce vraiment une nouveauté? Non. Depuis la directive européenne de 2009, mise en application en France en 2011, les patients peuvent déjà faire des déclarations d’effets indésirables. «Le gouvernement de l’époque avait un peu triché en matière de communication pour dire que cette réglementation intervenait dans le cadre de l’après-Mediator. En réalité, il ne s’agissait que de la transcription en droit français d’un texte européen », analyse un pharmacovigilant. 

Que propose d’autre le fameux nouveau portail? «Prévu par la loi de modernisation de notre système de santé, ce site permet aux professionnels et aux usagers de signaler en quelques clics aux autorités sanitaires tout événement indésirable ou tout effet inhabituel ayant un impact négatif sur la santé », promet-il. Or les professionnels comme les usagers peuvent faire ces déclarations sur le site de l’agence du médicament depuis… juin 2011. Rien de flagrant en matière de nouveauté. 

Le principal grief fait à cette usine à gaz est de mélanger mille choses qui n’ont aucun rapport les unes avec les autres. Pêle-mêle, citons: les médicaments à usage humain, vétérinaire, les dispositifs médicaux (prothèses de hanche, mammaire, stents), mais aussi les produits cosmétiques, ou encore les «substances de la vie courante». Sont aussi concernés les actes médicaux ou examens comme les dons du sang, les dons de gamète, les radiothérapies. Tout.
N’importe qui a la possibilité de réaliser
une déclaration sans avoir à renseigner le
numéro de lot, le début de date du
traitement, le motif de la prescription ni
la dose absorbée.
(...)

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