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quinta-feira, 31 de agosto de 2017

Dans son petit jardin, Joseph produit 300 kg de légumes

Par  Mathilde Gaudechoux
"Le Figaro",
On peut en effet parler d'exploit, car Joseph Chauffrey n'a pas d'exploitation agricole, bien au contraire. Il cultive son jardin et chaque année, il arrive à y faire pousser 300 kg de légumes. De quoi largement subvenir à ses besoins et ceux de sa femme. Les Français mangent en moyenne 125 kg de fruits et légumes par an. Salades, radis, tomates, carottes, betteraves se côtoient, se cultivent ensemble, grâce au principe de la permaculture et des «connexions fonctionnelles» qui consistent à bien positionner chaque élément du jardin en se calquant sur le modèle de la nature.

On pourrait croire que Joseph, 34 ans, a toujours fait ça, ou vient d'un milieu agricole. Et pourtant, ça ne fait que six ans qu'il a un jardin. En plein centre-ville, en Seine-Maritime, à Sotteville-Lès-Rouen, son terrain n'est pas plus grand qu'un autre: 200 m2, maison comprise. Le potager fait 25 m2, la serre 5 m2. Un petit verger de 10 m2 accueille aussi des pommiers, de la vigne, des kiwis, un poirier et un figuier. En petits fruits, il a un mûrier, des framboisiers, du cassis, des groseilles, des myrtilles, des airelles, des baies de goji, des fraises, du sureau, de la rhubarbe...

Il y a six ans, quand il a acheté la maison, il y avait un parking, des graviers, de la pelouse bien tondue. Maintenant, des épinards, des oignons, des poireaux, une mare ont investi les lieux.
Et avec tout ça, il reste combien de temps pour souffler? «Je travaille à la métropole Rouen-Normandie et fais de la sensibilisation au jardinage durable et à l'environnement, donc oui, ça a évidemment un lien, mais je suis rarement chez moi. A côté, je joue de la clarinette dans un groupe, fais des concerts, je fais partie d'une association», explique Joseph. Un homme bien occupé en somme, qui ne passe que cinq heures par semaine environ dans son jardin.

Il y a six ans, quand il a acheté la maison, il y avait un parking, des graviers, de la pelouse bien tondue. Maintenant, des épinards, des oignons, des poireaux, une mare ont investi les lieux. Le jardin de Joseph est une vraie étude de cas pour les étudiants en agroécologie qui lui rendent souvent visite.

Sans gants et sans outils

Comment fait-on pour cultiver 300 kg de légumes sur une surface de 30 m2? Sans gants et sans outils! «Avec une grelinette éventuellement, concède Joseph, pour aérer le sol sans le retourner, juste par un petit mouvement de levier. Cela permet de laisser les couches de terre telles quelles.» La petitesse de son jardin l'a obligé à repenser l'espace. Une contrainte devenue opportunité. Il faut optimiser chaque mètre carré de l'espace. Et c'est avec la technique de la permaculture, qui s'inspire de l'écologie naturelle, qu'il a réussi à produire en grande quantité, tout en améliorant la qualité du sol, ce qui fait que plus on produit, plus on produit!

Joseph le remarque chaque jour, de plus en plus de vers de terre et d'insectes vivent dans le sol, ça grouille, ça vit et ça permet de nourrir la terre, de la rendre plus fertile. Aucun pesticide n'est utilisé bien sûr. Un jardin en permaculture donne une plus grande biodiversité et qui dit biodiversité dit moins de parasites, car plus de prédateurs. Par exemple, les pucerons seront plus facilement chassés d'un arbre s'il y a des coccinelles à côté qui les mangent. L'arbre sera en meilleure santé et produira donc plus de fruits. «Quand j'ai vu les pucerons débarquer sur mon pommier, j'ai été très tenté d'utiliser le savon noir pour limiter l'invasion, mais c'était compter sans l'aide des auxiliaires, les insectes qui vont chasser les ravageurs». Il faut donc observer la biodiversité de son jardin, sans trop agir, laisser faire. C'est la clé.

«On peut se lancer dans la permaculture à n'importe quelle échelle. Si la surface est vraiment trop petite, on ne pourra pas être totalement autosuffisant. Mais même sans connaissance, avec une bonne dose de curiosité et un peu de patience, on peut faire son potager. Plus la surface est petite, plus il est facile d'en prendre soin.»

●  Attention aux surfaces très ombragées toutefois.
● Il vaut mieux utiliser une grande jardinière que plusieurs petites.
●  Pour une première, préferez les radis, les salades, les herbes aromatiques et les tomates cerises, plus faciles à cultiver.


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