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terça-feira, 29 de agosto de 2017

Les prix du bio gonflés par les «marges exorbitantes» des distributeurs


"Le Figaro"
Par  Isabelle de Foucaud
Publié

Les prix du bio gonflés par les «marges exorbitantes» des distributeurs
L'association UFC-Que Choisir, qui s'est concentrée sur l'étude des fruits et légumes, estime qu'un panier bio est 79% plus cher que son équivalent en produits conventionnels. Les enseignes réfutent les conclusions de l'enquête.

Le constat est très sévère. Dans une étude publiée ce mardi, l'UFC-Que Choisir dénonce les «promesses» non tenues des grandes enseignes de la distribution au rayon bio. En résumé, l'association de consommateurs, qui s'est concentrée sur l'étude des fruits et légumes*, pointe «non seulement l'indigence de l'offre, mais également l'existence d'une politique de marges très élevées sur les produits bio».


Résultat, un panier de fruits et légumes bio coûte 79% plus cher que son équivalent en produits conventionnels, selon cette enquête. Un surcoût plus que significatif. Sur l'année, un ménage français dépensera 660 euros en moyenne en fruits et légumes exclusivement bio, contre 368 euros pour les équivalents en conventionnel. «Le prix élevé des fruits et légumes bio constitue un frein pour les consommateurs, rédhibitoire pour les plus modestes», souligne l'association, qui a retenu 24 produits représentant «88% de la consommation globale de fruits et légumes» des Français pour établir son panier. 




La pêche (+151%), le poireau (+143%) et la pomme (+132%) occupent le trio de tête du palmarès des surcoûts établi par l'UFC-Que Choisir. Or, insistent les auteurs de l'étude, «si les coûts de production sont plus élevés en bio qu'en agriculture conventionnelle (rendements plus faibles, main-d'œuvre relativement plus importante, coûts des contrôles et de la certification…), ceci n'explique qu'à peine la moitié du surcoût payé par les consommateurs».  






Ces «tarifs prohibitifs», d'après l'UFC-Que Choisir, s'expliquent en réalité par les «marges exorbitantes» de la grande distribution: 46 % du surcoût du bio proviendrait ainsi des «sur-marges» réalisées sur le bio dans les grandes surfaces. En moyenne, d'après les calculs de l'association, «les marges brutes sur les fruits et légumes sont deux fois plus élevées (+ 96 %) en bio qu'en conventionnel». Des marges brutes qui seraient plus élevées pour deux produits stars de la consommation française: la pomme (+163%) et la tomate (+145%). «Au global, la stratégie de marge de la grande distribution - à la justification économique obscure - aboutit à renchérir de 135 euros le panier bio annuel d'un ménage.» 


«La grande distribution conduit donc une politique de marges qui n'est que peu conforme aux promesses de fournir des produits bio à un prix plus abordable!» Outre les prix pratiqués au rayon bio, l'UFC-Que Choisir dénonce l'offre proposées aux consommateurs, qui serait «indigente», notamment sur la tomate et la pomme. «Magasin U est l'enseigne pour laquelle l'offre bio en tomates et en pommes est la moins étoffée, suivie par Intermarché et Monoprix», précise l'association, graphique à l'appui. Globalement, elle dénonce donc une politique des grandes enseignes «triplement perdante» pour les consommateurs, les agriculteurs bio et la grande distribution elle-même.  





Ces accusations tombent très mal pour le secteur de la distribution, alors que les états généraux de l'alimentation ont repris lundi. Elles sont surtout très lourdes, dans un contexte où les ventes de bio s'envolent en France et où les hyper et supermarchés sont devenus le premier canal de vente des produits bio, devant les enseignes spécialisées. En 2016, les consommateurs de l'Hexagone ont dépensé 7 milliards d'euros pour acheter des aliments labellisés sans produits phytosanitaires ni OGM. Un record. Ce chiffre marque un bond de 20% par rapport à la consommation de l'année précédente, qui s'élevait à 5,76 milliards d'euros.

Contactée par le Figaro, la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD) se dit «abasourdie» devant cette étude dont elle conteste les conclusions, notamment à cause d'une méthodologie «sujette à caution». «Aucune enseigne ne se retrouve dans cette étude.» Parmi ses interrogations, l'organisation s'étonne de la façon dont l'étude présente la construction des prix des produits. Concernant, par exemple, le prix d'expédition, sur lequel s'appuient les calculs de marges de l'enquête, la FCD rappelle que les distributeurs se fournissent auprès de «différentes sources», comme des producteurs locaux et des grossistes, qui peuvent faire varier énormément la structure de coût d'un produit. Idem, la FCD estime que la méthode est très «approximative», car elle ne prend pas en compte les différentes variétés des produits. «Il en existe une bonne cinquantaine rien que pour la tomate», fait-elle valoir.
Enfin, sur les prix du bio en général, la FCD souligne que le consommateur est tout à fait «conscient» du surcoût à la production des produits bio, qui «se répercute tout au long de la chaîne» jusqu'au rayon. Elle rappelle que différentes enquêtes ont d'ailleurs montré que «le consommateur est prêt à payer plus cher» pour ces produits.
* L'UFC-Que Choisir a mené son enquête durant le moins de juin 2017 dans 1541 magasins des principales enseignes de la grande distribution, répartis sur l'ensemble de la France (81 départements enquêtés) et prenant en compte l'importance de chaque enseigne sur le territoire.

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