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quarta-feira, 30 de agosto de 2017

Oeufs contaminés: les ventes en grandes surfaces fortement pénalisées par le scandale

Par 
"Le Figaro", 29.ago.2017


Oeufs contaminés: les ventes en grandes surfaces fortement pénalisées par le scandale
En seulement une semaine, la perte de chiffre d'affaires s'élève à 1,6 million d'euros pour les grandes surfaces françaises. Les oeufs de poules élevées en cage sont les principales victimes de cette crise.
C'est ce que la filière agroalimentaire redoutait. Le scandale des oeufs contaminés au fipronil a pénalisé les ventes d'oeufs dans les grandes surfaces françaises sur le début du mois d'août, selon des données diffusées mardi par le panéliste IRI. Entre le 7 et le 13 août - les premières informations sur la contamination ont émergé début août -, les ventes d'oeufs dans les hypers et supermarchés français ont reculé de 8,7%, alors qu'elles enregistraient une progression de 1,3% deux mois plus tôt, selon les données recueillies par le cabinet à partir des tickets de caisse. «L'impact est assez violent avec une rupture de tendance de 10% en volume», constate IRI. Cela représente 8,5 millions d'oeufs vendus en moins, soit une perte de chiffre d'affaires de l'ordre de 1,6 million d'euros pour les grandes surfaces françaises.
 
Jacques Dupré, expert des produits de grande consommation chez IRI, n'est pas surpris par cette rupture de tendance: «La réaction des consommateurs est naturelle. Après un tel retentissement dans les médias, il n'est pas étonnant que les ménages aient fortement diminué leur consommation d'oeufs. Cette chute des ventes prouve que les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux problématiques de santé», commente-t-il. Avant de poursuivre: «Cette baisse des ventes est regrettable, car le marché des oeufs se portait plutôt bien. Mais il faut relativiser. À titre d'exemple, cela n'a rien à voir avec l'effondrement des ventes qu'a engendré le scandale de la viande de cheval».
 
Au total, près de 250.000 oeufs contaminés ont en effet été mis sur le marché français. Une trentaine de références de produits à base d'oeuf sont désormais retirés de la vente en France. Pour rappel, ces ovoproduits contiennent du fipronil - un insecticide dont l'usage est interdit sur les animaux destinés à la consommation - à une concentration supérieure à la limite réglementaire. Après le fipronil, des traces d'un deuxième insecticide interdit dans les élevages de volailles, l'amitraze, sont aujourd'hui recherchées dans les œufs français. Néanmoins, les risques pour la santé du consommateur sont a priori limités.

Le bio relativement épargné par la chute des ventes

L'ensemble des œufs vendus en grande surface ont été impactés par la crise. Seul le bio apparaît relativement épargné, avec des ventes qui restent en progression de 8,4% sur la période. Il est néanmoins lui aussi touché par les conséquences du scandale, car deux mois plus tôt, ses ventes progressaient de 12,3%.

Les oeufs de poule élevées en cage et au sol, déjà peu prisés par les consommateurs avant le fipronil (ventes en baisse de 3,4% deux mois plus tôt), souffrent le plus, avec une chute des ventes de 16,5% entre le 7 et le 13 août, soit une perte de volumes vendus de 13,1% par rapport à début juin. «Les oeufs de poules élevées en cage sont de moins bonne qualité. Ils sont dans le collimateur de la grande distribution, des associations de consommateurs et des mouvements environnementaux, explique Jacques Dupré. De ce fait, le marché - qui représente environ 50% de la consommation d'oeufs - était déjà en recul. Compte tenu de la défiance des consommateurs, il est inévitablement davantage affecté par la crise». Quant aux oeufs de poules élevées en plein air, ils voient leurs ventes reculer de 3,9% sur début août, marquant une rupture de tendance de -8,3% par rapport aux ventes observées deux mois auparavant.
Selon les résultats provisoires de l'IRI, la diminution des ventes devrait être moins marquée sur la semaine suivante, bien que la tendance à la baisse se confirme: «On devrait être proche d'une baisse de 5% au lieu de 10%», dévoile Jacques Dupré. «Mais entre temps, les consommateurs ont appris que les produits concernés étaient en fait les produits à base d'oeufs transformés. La crise s'est donc détournée des oeufs de poule. Il sera néanmoins intéressant de surveiller l'évolution des ventes des pâtisseries industrielles et des pâtes alimentaires», conclut-il.

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