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quarta-feira, 6 de setembro de 2017

La pénurie de beurre fait flamber le prix des viennoiseries

Par  Mathilde Golla
publié in "Le Figaro",
Des professionnels connaissent des situations de pénuries de beurre. Plus rare, ce produit est donc naturellement bien plus cher, ce qui provoque une hausse des prix des pâtisseries, viennoiseries et autres produits à base de beurre.
Le croissant au beurre pourrait-il disparaitre des étals des boulangeries? C'est en tout cas une crainte des boulangers. «Des premiers cas de pénuries de beurre ont été signalés ces derniers jours», alerte Matthieu Labbe, délégué général de la fédération des entreprises de boulangerie. «Des grossistes ne peuvent déjà plus fournir un certain type de beurre. La pénurie n'est pas perceptible dans la grande distribution par le consommateur lambda, mais pour les industriels il n'y a plus de beurre AOP français disponible», précise le représentant des boulangers de France. «Or, dans nos métiers, le beurre n'est pas un produit substituable, nous ne pouvons pas fabriquer de croissant sans beurre, c'est impossible!», tempête Matthieu Labbe.
De plus en plus rare, le beurre voit son prix s'envoler. En 20 mois, la hausse atteint 172%. Le prix du beurre industriel est passé de 2.500 euros la tonne en avril 2016 à 6.800 euros la tonne début septembre. Plusieurs raisons expliquent la flambée inédite du prix du beurre. La forte demande de ce produit s'explique par un appétit croissant des consommateurs dans monde entier et notamment en Asie où pâtisseries et vien-noiseries font un tabac ou aux Etats-Unis où les Américains se sont remis à consommer du beure après la publication de plusieurs études scientifiques qui ont «réhabilité» ce mets. Parallèlement, l'offre diminue avec notamment la fin des quotas laitiers.
Certaines boulangeries ont ainsi fait le choix d'augmenter le prix du croissant et des viennoiseries. «Nous avons ajouté 10 centimes par croissant au beurre à la rentrée», indique une boulangerie parisienne du 15e arrondissement, qui vend désormais le croissant à 1,15 euro au lieu de 1,05 euro au printemps, et dont la dernière augmentation des tarifs remontait à deux ans et demi. En grandes surfaces, le prix du beurre a augmenté de 7% en début d'été, a par ailleurs indiqué la présidente du principal syndicat agricole français FNSEA, Christiane Lambert. L'augmentation sera d'ailleurs répercutée sur tous les produits alimentaires utilisant du beurre, notamment la biscuiterie.
«Nous interpellons les pouvoirs publics. Nous demandons à pouvoir trouver plus de beurre. Mais aussi, les boulangers et industriels de l'agroalimentaire doivent pouvoir répercuter la hausse des prix auprès des distributeurs», estime Matthieu Labbe. «C'est la seule solution pour pérenniser la viabilité des entreprises» touchées «de plein fouet» par la hausse mondiale du beurre, ajoute la FEB.

Demande en hausse et offre en baisse

La France n'est en effet pas le seul pays concerné par la flambée du prix du beurre. «La pénurie de matières laitières grasses concerne toute l'industrie européenne, ce qui affecte les prix sur toute la chaine», indique Thomas Carstensen, vice-président dArla Group, l'une des plus grandes coopératives laitières au monde, détenue par 12500 agriculteurs dispersés dans l'UE. «Une hausse qui s'explique par une demande croissante de beurre de la part des consommateurs, alors que de nombreux fabricants de produits laitiers ont préféré se tourner vers la production de fromage qui offre de meilleurs rendements à un moment où les prix du lait sont bas», ajoute Thomas Carstensen. «Nous estimons que la demande de beurre restera forte cette année, créant potentiellement une pénurie de produits de beurre dans certaines parties de l'industrie alimentaire et laitière européenne», prévient le spécialiste.

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