[ Director: Mário Frota [ Coordenador Editorial: José Carlos Fernandes Pereira [ Fundado em 30-11-1999 [ Edição III [ Ano X

sexta-feira, 29 de setembro de 2017

Non, la vente de légumes issus de semences paysannes n’est pas interdite

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[DiscosoupBrest/Flickr]

Un géant mondial qui dénonce la disparition des semences paysannes, la mainmise de l’industrie chimique sur la production vivrière et la standardisation de l’agriculture. C’est le grand écart que vient de réaliser l’enseigne Carrefour –n° 1 européen de la grande distribution, n°2 mondial– dans une campagne aussi belle que mensongère. Le pitch? «Une loi» –qui a créé un catalogue officiel des variétés et espèces – nous priverait «de milliers de fruits et légumes [en interdisant] la commercialisation de leurs semences.» Pourfendeur de ce système injuste, Carrefour a donc mis en rayon ces artichauts Camus du Léon, ces potimarrons Angélique, ces courges Butternut Kouign Amann ou ces rhubarbes acidulées de Bretagne dont les paysans, «depuis des millénaires, ont soigneusement sélectionné les semences de variétés paysannes pour leurs goûts variés et leur adaptation naturelle aux différents terroirs et écosystèmes».

Ouvrir le catalogue officiel

Un acte de résistance, en somme, dans ce monde où «l’agriculture intensive et la consommation de masse ont fait la part belle aux variétés qui assurent un meilleur rendement, qui sont plus résistantes aux transports et dépendantes des pesticides». Pour parfaire son geste, l’enseigne s’est fendue d’une pétition demandant que la loi soit simplifiée «pour permettre aux petits paysans de commercialiser en circuit court leurs semences librement reproductibles», et «pour ouvrir le catalogue officiel à ces semences paysannes, pour que les fruits et légumes qui en sont issus puissent être commercialisés plus largement auprès de tous les consommateurs».

Opération de com’
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