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segunda-feira, 11 de dezembro de 2017

Nicolas Hulot: "Les Français doivent savoir ce qu’il y a dans leurs assiettes"


Par Dalila Kerchouche
 Le 10 décembre 2017
À quelques jours du One Planet Summit, le sommet sur le climat organisé par l’Élysée, et peu avant la fin des États généraux de l’Alimentation, Madame Figaro a interrogé le ministre de la Transition écologique.

Madame Figaro. - Quand vous étiez enfant, quel plat vous a marqué lors des dîners en famille ? En quoi reflétait-il votre éducation culinaire ?
 
Nicolas Hulot. - De la langue de bœuf sauce madère ! J’ai été élevé dans l’Ouest parisien avec une cuisine bourgeoise, à base de viandes mijotées. À table, on ne se posait pas de questions sur le contenu de l’assiette. C’était une autre époque. Mes parents me sensibilisaient à la nature par les senteurs, mais pas par les saveurs. J’ai mis du temps à changer mes habitudes alimentaires. Pendant des années, je ne concevais pas un repas sans viande. Le discernement vis-à-vis du coût carbone de l’assiette, de son impact sur le climat, la santé et la planète, est venu avec mon engagement écologique.

Comment en avez-vous pris conscience ?
Pasteur affirmait: «Nous buvons 90 % de nos maladies.» C’était évidemment dans un environnement et des conditions d’hygiène différents. Mais aujourd’hui, je suis convaincu que certaines pathologies qui nous affectent trouvent, pour partie, leur origine dans notre assiette. Qu’il s’agisse des pesticides, des pollutions industrielles ou de la qualité de l’air dans nos environnements urbains ou d’intérieur, nous sommes exposés à de nombreuses substances. Et il est logique de s’interroger sur l’effet de ces molécules sur le corps humain. On connaît encore insuffisamment les effets cocktails et de bioaccumulation dans notre organisme. Et nous sommes tous concernés : on trouve des perturbateurs endocriniens même chez ceux qui pensent avoir une bonne hygiène de vie.

Réfléchir à ce que l’on mangeComment se nourrir ? Le sujet passionne. Or Les États généraux de l’alimentation lancés sous la houlette du ministère de l’Agriculture, ressemblent à un huis clos d’experts. Or le sujet passionne. Des ONG parlent d’un rendez-vous raté...
C’est un peu tôt pour dire cela ! Ces États généraux ne sont pas terminés… Ils ont permis de mettre autour de la table tous les acteurs de la chaîne alimentaire, de la fourche à la fourchette. Les citoyens ont aussi été invités à participer via une consultation en ligne. L’objectif, que je partage avec mon collègue Stéphane Travert (ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation), est double : trouver un modèle de production adapté aux attentes des consommateurs en termes de nutrition, de santé et d’environnement, et permettre aux agriculteurs de vivre dignement grâce à la mise en placede prix justes. Je tiens à ce que ces États généraux soient à la mesure des aspirations des Français. Nous amorçons une transformation en profondeur de nos modèles agricoles, qui se verra à l’échelle du quinquennat, mais aussi bien au-delà.

Qu’est-ce qui vous rend optimiste ? 

" Bien manger, ce ne doit pas être le privilège de ceux qui en ont les moyens "
 
(...)

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